Rencontre avec un chien inconnu

Ce que nous ressentons, devons faire et ce que nous ne devons surtout pas faire

  • Le ressenti

Ne vous est-il jamais arrivé d’avoir la surprise de rencontrer au  coin  d’une ruelle,  d’une allée de forêt, ou en tout autre  endroit insolite: un chien………..seul?!!!

Que faire!!??  (l’effet de surprise est tel que nous risquons d’avoir LE mauvais comportement.)

Et voilà que notre cerveau se met à nous jouer des tours: c’est instantanément que les histoires anciennes de loups hantant nos forêts remontent à la surface et que celle du « petit chaperon rouge » n’est pas loin.   C’est alors que de la surprise nous passons rapidement à la peur d’être  sinon mangés,  tout au moins mordus et peut-être égorgés par le féroce molosse qui se trouve là, juste devant;  la peur fait ensuite place à la terreur, qui elle même cède le pas à la panique……..      Que fait un individu en situation de panique?  Jamais une action réfléchie, bien souvent n’importe quoi, et presque toujours nous commettons l’irréparable. Ces réflexions valent pour n’importe quel chien, toutes races confondues et surtout quelle que soit la taille de l’animal.

  • ne jamais crier ( même pour alerter le maître qui n’est probablement, et dans la plupart des cas, pas très loin), faire de grands gestes pour éloigner le chien, partir en courant et de surcroit en poussant des cris et encore moins des hurlements, ne surtout pas tenter de flanquer des coups de pied en direction du chien, s’armer d’un bâton ou d’une canne pour le menacer,  ne pas le battre, ne pas regarder le chien dans les yeux.
  • ce qu’il faut fairerester calme même si on a peur et qu’on pense que le « vilain » chien a un regard méchant. Se mettre de profil, et faire la statue (position totalement immobile, croiser les bras ou mettre les mains dans ses poches), bailler,  on peut sans tourner la tête porter le regard en coin, pour voir le chien évoluer, et attendre.                                                                                                                                                                                                                 Dans la plupart des cas le maître aura rapidement pu rejoindre son chien et le reprendre à ses côtés; s’il est poli et conscient de la gêne occasionnée il va présenter des excuses… Quoi qu’il en soit, le civisme veut qu’on ne s’emporte pas et qu’on ne se comporte pas en donneur de leçons en proférant sur un ton acerbe des propos moralisateurs au malheureux maître qui a probablement eu, lui aussi,  la peur de sa vie: celle d’avoir perdu son chien  par exemple.
  • ce que fait le chien  Il va adapter son comportement à la situation; cette  réaction est uniquement dictée,  ne l’oublions pas, par son instinct. Dans un premier temps le chien qui aura senti depuis longtemps votre présence grâce à son puissant odorat, et que la curiosité aura guidé vers vous, va se comporter en  » chien ».  C’est à dire qu’il va vous scruter en quête de signes d’apaisements réciproques.

Si son arrivée est accueillie par des hurlements, il va prendre peur, et peut fuir… Cependant, la peur induit le plus souvent un comportement dit « agressif ».   Ce qui est faux, le chien n’attaquera (par instinct) que pour  ne pas avoir à se défendre. L’attaque peut être précédée par des grondements menaçants avec lèvres retroussées. Si on aggrave les choses en gesticulant, le chien va rapidement se saisir de ce qui dépasse et bouge: un bras, une jambe. Si nous pensons devoir notre salut à la fuite cette fois encore nous alimentons une réaction que nous n’attendions pas,  car nous adoptons par ignorance le comportement  de la proie qui tente de fuir, et réveillons par cette attitude l’instinct de prédation du chien (même le gentil petit toutou de canapé peut devenir en une fraction de seconde un dangereux prédateur).  Se souvenir toujours que les chiens les plus petits sont souvent les plus vindicatifs. Il serait naïf de croire pouvoir courir plus vite qu’un chien, quelle qu’en soit la race.

Ainsi donc dans tous les cas énoncés  ci dessus, la morsure est notre  avenir à très court terme.

Si, au contraire, il arrive devant ne personne totalement immobile qui adopte une attitude « chien », c’est-à-dire : de profil et regard en coin en bâillant, le chien va s’en trouver rassuré. Il pourra tourner autour de vous, vous flairer, va bâiller à son tour, et s’éloignera calmement. Dans le pire des cas, il va émettre quelques gouttes d’urine à vos pieds…. Et c’est tout. Pourquoi faut-il bâiller  me direz vous?  Tout simplement parce que le bâillement est, chez le chien, un signe d’apaisement et non pas un signe de fatigue ou de mauvaise digestion comme on le pense si souvent par  anthropomorphisme. Si, à notre tour, nous bâillons, nous invitons le chien au calme et montrons que nous n’avons que des intentions pacifiques.

                                                                                                                                                                                                        Marie-José