Tiques: DANGER !

 

Les tiques existent depuis plus de 140 millions d’années ; des fossiles de tiques ont été retrouvés dans plusieurs régions du monde, laissant à penser qu’elles sont apparues au crétacé (mésozoïque ou ère secondaire). On en a trouvé dans de l’ambre de la mer Baltique et de la république dominicaine.  Active et à la recherche d’un hôte pour son repas de sang dès que la température extérieure est supérieure à 4°C et que l’air est chargé d’humidité, la tique représente un véritable danger pour l’animal de même que pour l’homme.

Autrefois appelé « tiquet » ou « ricinus », cet acarien de grande taille (3 à 6 mm en moyenne hors réplétion),  dont il existe près de 900 espèces de couleur et taille variées, présente toujours un corps ovalaire et une tête prolongée par un rostre équipé de 2 chélicères. Ce parasite de vertébrés, y compris à sang froid tels que lézards, serpents, tortues ou oiseaux, passe une partie de sa vie au sol (éclosion-développement), et une autre partie ancré sur la peau des mammifères sauvages ou d’élevage, d’oiseaux ou de reptiles, se nourrissant de leur sang. C’est lors de ce repas que les tiques peuvent transmettre à leur hôte des agents pathogènes [virus, bactéries, protozoaire, nématodes (vers)] responsables de nombreuses maladies vectorielles; les tiques peuvent également transmettre des neurotoxines responsables de paralysies.

DESCRIPTION

Le corps de La tique  est segmenté en 2 parties: la partie antérieure ou capitulum (tête)  et la partie postérieure appelée idiosome.

La tête a 3 pièces buccales et pas d’yeux :

  • Le rostre  de diamètre et longueur différents selon l’espèce, comporte 2 parties : en avant et en bas, se trouvent plusieurs files de dents qui permettent à la tique de s’encrer. En haut, une paire de chélicères rétractiles dans une gaine protectrice se terminent par des dents. Ils coupent la peau en se superposant  aux précédentes dents.
  • Une paire de pédipalpes disposées latéralement au rostre formées chacune de 4 articles remplissant des fonctions sensorielles complémentaires. Ces palpes ne pénètrent pas dans les tissus lors de la fixation de la tique, mais restent posés sur la surface de la peau.

 L’idiosome

  • Sa face dorsale porte une plaque dite « écusson » ou « scutum » qui couvre la moitié du dos de la tique femelle à jeun, et la totalité chez les mâles.
  • 8 pattes se terminent chacune par une ventouse (pulville) et deux griffes permettant à la tique de se déplacer sur presque tous les supports. La première patte porte un organe sensoriel olfactif important appelé l’organe de Haller. Cet organe est sensible au degré d’hygrométrie, aux phéromones, aux gaz carbonique et butyrique dégagés par les animaux, aux métabolites exhalés par les ruminants, à l’acide lactique. On pense que cela pourrait jouer un rôle dans le choix de l’hôte et même dans le choix du point de fixation de la tique sur cet hôte.

LA FAMILLE  DES  IXODIDAE

 Ces tiques sont les plus étudiées car elles sont adaptées aux animaux domestiques et à l’homme en Europe. Certaines d’entre elles sont dures, d’autres molles mais ont en commun leur mode de reproduction, de quête d’hôte et leur repas. Elles sont capables de vivre dans des biotopes variés : à ciel ouvert, abris fermés, dans la  végétation basse. Elles se concentrent volontiers autour de points d’eau, de zones d’ombre ou de regroupement ou de passage d’animaux, et peuvent jeûner jusqu’à 5 ans. Contrairement à ce qui a longtemps été dit, les tiques ne tombent pas des arbres. En général dans la végétation, la dispersion des individus est la règle, cependant, un regroupement sur une même herbe est possible surtout autour de points d’eau.

  Des tiques appartenant à d’autres familles se développent plus volontiers en Amérique du Nord : leur hôte principal est la souris à pattes blanches, mais aussi les mammifères de grande taille, de même que  les oiseaux. D’autres encore se développent au Sénégal et aux Antilles et vivent  sur les animaux d’élevage, mais ont un prédateur qu’est le héron garde-bœuf qui se nourrit de parasites de grands mammifères.

 

REPRODUCTION – DÉVELOPPEMENT

 Toutes les espèces de tiques s’accouplent au sol ou sur leur hôte. Le mâle (plus petit) meurt après l’accouplement et la femelle meurt après la ponte.

Au cours de sa vie, la tique d’Europe passe par 4 stades :

  • L’œuf  Une ponte peut compter plus de 23000 œufs
  • La larve  reconnaissable parce qu’elle n’a que 3 paires de pattes.
  • La nymphe qui a 8 paires de pattes comme l’adulte, mais n’a pas d’orifice génital.
  • L’adulte dont les téguments qui restent souples chez la femelle  vont se distendre pour une prise de sang maximale afin de permettre l’élaboration des œufs.

Ce cycle de développement est appelé triphasique : Au sortir de l’œuf, la larve se fixe sur un hôte qu’elle quitte après son premier repas. Elle mue au sol, puis trouve un 2nd hôte pour son repas de nymphe, après quoi elle se laissera de nouveau tomber au sol pour se transformer en tique adulte. La tique adulte recherche alors un troisième hôte qui lui permettra de faire son 3° et dernier repas. C’est cette tique adulte qui est le plus porteuse de germes transmissibles.

  Certaines rares espèces de tiques ne changent pas d’hôte à chaque phase.

  •  Les diphasiques qui évoluent sur 2 hôtes différents : la larve effectue son premier repas sur un hôte, mue en nymphe et effectue son deuxième repas sur le même hôte, puis se détache pour se transformer en tique adulte qui va effectuer sa 2° phase parasitaire sur un 2° hôte.
  • Les monophasiques : la  larve  fait tout son cycle de développement  (3 repas et 2 mues sur le même hôte).

   RECHERCHE  DE L’HOTE

 La tique qui attend un hôte pour s’y accrocher se poste sur les brins d’herbe, les graminées, les fougères, à même le sol, la terre, sur des brindilles des terriers et des nids, les crevasses, les grottes.  La stratégie de quête de l’hôte conduit la tique à se poster sur les zones d’ombres, de nourrissage,  de repos : là ou les animaux viendront nécessairement se nourrir, s’abreuver, se protéger du soleil.

 Certaines larves se laissent transporter en aval par l’eau lors de crues, ce qui leur permet de trouver d’autres hôtes sur des berges plus éloignées. Les animaux porteurs pourront à leur tout véhiculer les tiques sur des distances variables, permettant l’entretien de populations de tiques génétiquement riches, et de ce fait particulièrement adaptables aux modifications de l’environnement, ce qui les rend plus résistantes aux pesticides et antiparasitaires

Les tiques peuvent se déplacer remarquablement bien sur leur hôte, même à peau lisse (orvet), à écailles (serpent) et sont capables de percer des peaux particulièrement épaisses (rhinocéros, tortues).

ANCRAGE ET REPAS

 Quand la tique a trouvé une proie, elle chemine lentement (de quelques minutes à plusieurs heures) sur sa peau pour trouver un emplacement d’ancrage  satisfaisant.  La piqûre rendue indolore par l’injection  d’anesthésiants accompagnant la salive, rend la tique peu détectable.  Particulièrement résistante à l’écrasement, au léchage, grattage, bains de boue de l’hôte, une fois ancrée, la tique a de bonnes chances de passer à table.  Elle va donc pendant toute la durée de son repas, alternativement aspirer  le sang, et réinjecter de la salive pour agrandir la poche creusée  sous la peau.  Plus le rostre est long et plus la tique est solidement fixée.

 MALADIES  TRANSMISES  PAR  LES  TIQUES

   Les tiques adultes  sont les agents vecteurs de nombreuses maladies animales et humaines :

  • Borréliose qui cause la Maladie de Lyme
  • Babésiose ou piroplasmose (de chiens chevaux et bovins) potentiellement mortelle
  • Leishmaniose
  • Peste Porcine africaine
  • Rickettsiose
  • Anaplasmoses bovines
  • Coxiellose
  • Urticaire
  • Choc anaphylactique
  • La tique peut aussi jouer un rôle important dans la conservation hivernale de virus.

 PREVENTION

 A l’extérieur, lorsqu’on va dans les champs ou en forêt, est-il conseillé de porter des vêtements clairs qui couvrent la peau afin de localiser les tiques plus facilement,  porter des chaussures montantes fermées (bottes) pour éviter que les tiques ne se fixent sur la peau,  se débarrasser rapidement des tiques trouvées sur la peau ou les vêtements.

Dans son jardin, couper l’herbe et éliminer les feuilles mortes, refuges des tiques. Aspirer et boucher les creux et interstices dans les planchers ou les murs. Inspecter les animaux au retour de sortie, nettoyer attentivement les lieux d’élevage, de couchage, empêcher l’installation de rongeurs dans et aux abords de la maison.

La meilleure prévention de la maladie étant évidemment l’évitement de la piqûre.

 QUE  FAIRE  EN  CAS  DE  MORSURE ?

 Comme le risque de contamination augmente avec la durée de l’ancrage de la tique plus de 4 heures, il est conseillé de la retirer au plus vite.  Il est essentiel de ne pas comprimer l’abdomen de la tique pour la retirer afin de minimiser le risque de régurgitation. Pour la même raison  il est déconseillé d’appliquer des produits tels que : éther, alcool, huile, dont la conséquence serait une régurgitation de la tique se sentant agressée. Lors de la régurgitation  la tique risque d’envoyer les microbes dans son hébergeur.

Eviter l’arrachage de la tique qui provoque très souvent la rupture du rostre qui reste dans la peau, provoquant une infection, des douleurs inflammatoires avec nodule persistant.

 Il est donc indispensable de retirer la tique avec une fourche permettant la rotation de la tique et l’extraction du rostre.

Une fois la  tique retirée, bien désinfecter.